L’insolitude

 

Andoni Iturrioz

 

 

 

Comment dit-on quand on est seul

Sans se sentir abandonné,

Quand la solitude ne gueule

Que pour nous dire qu’on est aimé ?

 

Quand le désert est une richesse,

Mais une richesse qui nous possède.

Quand vibre au ventre un GPS

Pointant des ciels qui nous obsèdent.

 

Comment le dire ? Comment dit-on ?

Je l’appellerai l’insolitude.

 

On n’est pas seul, on est en route !

Même sédentaire, être de passage !

On a la foi, on croit au doute.

Les courants d’air sont des messages.

 

Quelque chose d’intime est dans l’espace

Toi qui m’écoutes, toi, je te parle !

Sais-tu l’abime dessous tes traces ?

Dans ta cavale, sens-tu la grâce ?

 

Comment la dire ? Comment dit-on ?

Je l’appellerai l’insolitude.

 

Et les cailloux ont tous raison

Quand il s’agit de comprendre le monde.

Car ces mystères, comme l’horizon,

Plus on s’avance, moins ils répondent.

 

Mais la beauté vient de l’au-delà !

Comme un bébé dans la poussière

Plus on la voit, plus elle est là !

Et sommes-nous seuls lors d’une prière ?

 

Comment le dire ? Comment dit-on ?

Je l’appellerai l’insolitude.

 

J’ouvre la pluie comme un Rideau

En avançant dans le futur.

Je sens une foule derrière mon dos

Que font marrer mes aventures.

 

J’suis amoureux dans tous les sens !

Ça rétablit un équilibre

Trouver dans l’amour son essence :

Être amoureux c’est être libre !

 

 

J’suis un voyage plutôt qu’un homme

J’suis mille personnes en un chemin

Et comme un ver au cœur d’une pomme

Au cœur d’mon corps creuse un destin.

 

J’ai l’œil en flèche comme la lumière.

La vie qui tremble comme un mirage.

Le cœur qui roule comme une terre.

Et seul ! Je pars à l’abordage

 

Comment le dire ? Comment dit-on ?

Je l’appellerai l’insolitude.